{"id":1654,"date":"2021-10-28T16:26:49","date_gmt":"2021-10-28T14:26:49","guid":{"rendered":"http:\/\/huguesjacobelli.fr\/?p=1654"},"modified":"2021-10-28T16:26:49","modified_gmt":"2021-10-28T14:26:49","slug":"les-baobabs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/huguesjacobelli.fr\/index.php\/2021\/10\/28\/les-baobabs\/","title":{"rendered":"Les Baobabs"},"content":{"rendered":"\n<p>Il \u00e9tait une fois une cabane, dans un petit bois o\u00f9, tous les jours sans vent, jouaient les petits enfants. Elle \u00e9tait blottie au fond d\u2019un jardin, sous un vieil arbre tout noueux, promis \u00e0 \u00eatre d\u00e9racin\u00e9, \u00e0 la prochaine alerte m\u00e9t\u00e9o, ou pire, par un l\u00e9ger coup de vent. Cet arbre ne voulait pas tomber d\u2019un simple courant d\u2019air.<\/p>\n<p>Lui, ce qu\u2019il voulait, pour finir en beaut\u00e9, c\u2019\u00e9tait au moins une temp\u00eate, mieux un ouragan, un cyclone, un typhon, ou bonheur total, un tsunami.<\/p>\n<p>Plus le temps passait, plus il d\u00e9sesp\u00e9rait,<\/p>\n<p>Il en avait marre d\u2019attendre, et la cabane des enfants ne l\u2019amusait plus.<\/p>\n<p>Un jour, o\u00f9 le vent \u00e9tait suffisamment puissant, et les enfants absents, il pr\u00e9leva sur son tronc, une branche assez longue pour lui servir de b\u00e9quille, et extrayant ses racines l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, il se trouva pr\u00eat \u00e0 partir.<\/p>\n<p>Mais o\u00f9 aller ?<\/p>\n<p>\u00ab Si je n\u2019\u00e9cris pas un mot, les enfants seront inquiets, car ils ne verront plus leur cabane, et si j\u2019\u00e9cris deux mots, les parents vont lancer des recherches, qui \u00e0 l\u2019\u00e9vidence ne pourront pas aboutir, la police ne cherchant pas les arbres disparus \u00bb.<\/p>\n<p>Il \u00e9crivit trois mots et prit la route, vers le sud, car il avait eu vent par un de ses amis baladeurs, d\u2019arbres magnifiques, bien plus beaux que lui, mais \u00e7a il savait bien que c\u2019\u00e9tait dit par des jaloux, pour l\u2019emb\u00eater, et que ces arbres \u00e9taient moins magnifiques que lui. Ils avaient pour nom \u00ab baobab \u00bb, il n\u2019en savait pas plus.<\/p>\n<p>Il d\u00e9cida ne pas mourir avant d\u2019avoir vu un baobab !<\/p>\n<p>Il marcha longtemps, prit le train, appela blablacar, fit un brin de chemin avec huber, marcha encore, tenta easyjet, mais une de ses branches ne passait pas dans la carlingue, refusa de voyager dans la soute \u00e0 bagages non chauff\u00e9e, il ne voulait pas attraper froid \u00e0 son \u00e2ge, vit un autre ch\u00eane centenaire qui allait \u00e0 Venise, seul parce qu\u2019il avait perdu sa compagne dans le m\u00e9tro en fonctionnement, se plier en quatre pour entrer sous le si\u00e8ge occup\u00e9 par un gros monsieur, qu\u2019il n\u2019eut pas le temps de voir tant il \u00e9tait gros, trop long d\u2019en faire le tour, et qui, sournois, essaya de lui subtiliser la cabane en bois qu\u2019il portait en bandouli\u00e8re.<\/p>\n<p>Il arriva, \u00e0 la nage, \u00e0 Tombouctou\u2026 Nul baobab \u00e0 l\u2019horizon !<\/p>\n<p>Il faut aller au Pays Dogon, lui dit-on, l\u00e0 o\u00f9 les femmes sont si belles que le soleil les regarde tout le temps, se levant avant lui et se couchant apr\u00e8s son propre coucher, pour les voir, solaires et chaudes, rayonnant si fort que leur chaleur invite les voyageurs, surtout les arbres, \u00e0 s\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elles pour ombrager leurs \u00e9bats\u2026<\/p>\n<p>L\u00e0, il vit non pas un, mais des milliers de baobabs qui se couch\u00e8rent devant lui, leur p\u00e8re \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Il venait de la for\u00eat de Tron\u00e7ais, l\u00e0 o\u00f9 Louis le quatorzi\u00e8me fut mis en quatorzaine, revenant de la guerre contre Charles Quint, voulant \u00e9viter les virus,&#8230;<\/p>\n<p>Lui, l\u2019arbre tout noueux qui ombrageait le fond de mon jardin descendait en ligne directe de la for\u00eat de Tron\u00e7ais, l\u00e0 o\u00f9 Louis le quatorzi\u00e8me fut mis en quatorzaine, revenant de la guerre contre Charles Quint, voulant \u00e9viter les virus. Louis occupa si bien son temps qu\u2019il planta des milliers de ch\u00eanes, utilis\u00e9s une fois grand, pour construire sa force navale et l\u2019ossature de ses palais.<\/p>\n<p>Il en avait tant qu\u2019il en avait trop\u2026<\/p>\n<p>Il fit don de ces arbres c\u00e9libataires au roi du Pays Dogon, qui en fit une for\u00eat o\u00f9 les filles allaient danser le soir, et\u2026 beaucoup plus, car il eut beaucoup d\u2019affinit\u00e9s\u2026 !<\/p>\n<p>Ainsi naquirent les baobabs, fruits de l\u2019amour des ch\u00eanes fran\u00e7ais pour les femmes Dogons, et r\u00e9ciproquement\u2026<\/p>\n<p>Le ch\u00eane, le plus bel arbre du monde et les femmes Dogon, les plus belles femmes de l\u2019univers, ne pouvaient concevoir que cette pure merveille qu\u2019est un baobab.<\/p>\n<p>Nul ne s\u2019\u00e9tait revu depuis ce temps et, apr\u00e8s la f\u00eate des retrouvailles, on fit la f\u00eate des fun\u00e9railles.<\/p>\n<p>Les cendres du vieil arbre tout noueux reposent en paix dans la cabane en bois, perch\u00e9e quelque part dans un troglodyte Dogon\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il \u00e9tait une fois une cabane, dans un petit bois o\u00f9, tous les jours sans vent, jouaient les petits enfants. Elle \u00e9tait blottie au fond d\u2019un jardin, sous un vieil arbre tout noueux, promis \u00e0 \u00eatre d\u00e9racin\u00e9, \u00e0 la prochaine alerte m\u00e9t\u00e9o, ou pire, par un l\u00e9ger coup de vent. 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